Dernières parutions

  • Les projets de loi, organique et ordinaire, que vient de déposer le garde des sceaux, sous un étiquetage ronflant -d’autant plus dérisoire qu’à côté des propositions phares que vante la communication gouvernementale, c’est aussi un fourre-tout de dispositions diverses bien étrangères à cet objectif affiché, comme parfaitement absconses et indifférentes…
    En savoir plus...
  • A l’occasion de la « Convention managériale de l’Etat » (sic), le Président Macron –dont le parcours illustre jusqu’à la caricature les griefs qu’il affecte de porter contre l’E.N.A….-, a confirmé qu’il entendait, à marche forcée, mettre en œuvre l’essentiel des propositions du « rapport Thiriez », dans le droit fil d’une volonté affirmée…
    En savoir plus...
  • L’Armée, ultima ratio pour la délinquance des jeunes ? C’est une idée qui revient régulièrement : faire appel aux militaires pour prendre en charge les jeunes délinquants. « Je souhaite […] un partenariat justice-armée pour certains mineurs, pour certains jeunes majeurs », avait déclaré M. Dupond-Moretti, sur BFM TV, en…
    En savoir plus...

Adhérez à l'APM

Association Professionnelle des Magistrats - la nouvelle association professionnelle des magistrats

                A l’heure où le drame de Bayonne vient, pour le malheureux chauffeur de bus massacré par une horde de « racailles », de connaître sa tragique conclusion –témoignant, hélas parmi tant d’autres « faits divers » que charrie l’actualité quotidienne, de l’ensauvagement de certains milieux dans notre pays, qui ne se contentent pas de récuser la loi républicaine et le drapeau national, mais, bafouent les règles les plus élémentaires du « vivre-ensemble » et ne connaissent d’autres modes d’expression et de relation que la violence et la force brute-, des membres du Gouvernement ont su faire part de leur émotion et de leur indignation –tout comme après le meurtre de la jeune gendarme Mélanie Lemée à Port-Sainte-Marie, tout aussi « exemplaire », à sa façon, de cette dramatique dérive, que des années d’inconscience de nos dirigeants ont laissé naître et s’amplifier.

                L’éviction de Mme Belloubet de la Chancellerie sanctionne, à juste titre, un parcours dont on ne retiendra que la honteuse mise en sommeil de la justice sous prétexte de la crise sanitaire –comme si elle ne faisait pas partie des services publics essentiels qui devaient continuer à fonctionner, coûte que coûte : considérable effondrement symbolique, et, perturbation majeure, qui va longtemps hypothéquer le fonctionnement d’une institution déjà confrontée à un dramatique manque de moyens, au détriment des justiciables ; on a pu, à cette occasion, mesurer la dérisoire boursoufflure verbale d’un discours officiel, qui s’est fracassé sur la réalité tangible des carences matérielles –notamment, informatiques-, de services en déshérence…

                On en retiendra, aussi, la constance dans les errements d’une politique pénale dans le droit fil de celle qu’incarnait Mme Taubira ; qui a trouvé son accomplissement avec la plus importante libération de détenus depuis 1981, sous le prétexte totalement artificiel de la crise sanitaire (alors que ce n’est pas la surpopulation carcérale, par elle-même, qui créait le danger épidémique, mais, l’éventuelle introduction du virus en prison –laquelle ne s’est pas produite…).

                Son remplacement, aux allures de « gadget » médiatique destiné à « faire le buzz », par un avocat affamé de notoriété, qui a, si souvent, témoigné de son hostilité au corps judiciaire –sans répugner, à l’occasion, à la grossièreté dans l’expression-, apparaît comme une véritable provocation ; c’est aussi, prendre le risque d’exposer gravement le crédit de la justice : comment croire à la moindre distanciation possible, dans l’exercice de ses compétences ministérielles, de la part de quelqu’un d’aussi marqué, par rapport à sa culture de ténor du barreau, comme par rapport aux dossiers de ses propres clients ?! C’est une lourde erreur d’appréciation que, sans nul doute, le Président de la République et son Premier Ministre ne vont pas tarder à regretter –et, en tout cas, un mauvais coup pour l’autorité judiciaire.    

Rien n’est plus « délétère » -pour reprendre le terme utilisé récemment par Mme Belloubet pour justifier la saisine du Conseil supérieur de la magistrature par M. Macron après les déclarations de l’ex-procureur national financier, Mme Eliane Houlette-, que le virus du soupçon quand il frappe une procédure judiciaire, faisant naître la polémique sur l’impartialité des décisions intervenues –et, donc, altérant le crédit même de l’institution et la confiance des citoyens.